Maxime Tholance ne fut pas que 1er violon solo de l'Opéra National de Paris durant trois décennies.
Voici une proposition d'écoute d'enregistrements personnels qui s'échelonnent du tout début des années 90 à aujourd'hui et qui pour beaucoup n'ont jamais été divulgués. Il livre ici des annotations qui nous permettent une immersion dans le contexte de ses réalisations.
A noter déjà que fin 2026 sera aussi le temps des retrouvailles avec la forme sonate, mais aussi, en violon seul. Franck Aubin
Fin 1990, avec Jean-Marc Bonn, nous avions enregistré le bouquet plutôt traditionnel des sonates de Franck, Debussy et Ravel, mais les exigences des maisons de disques de l'époque ne nous ont pas donné la possibilité de graver ce CD, et cela pour une piètre raison technique déjà qualifiable de totalement ridicule. En effet, au milieu du déroulé du 3ème mouvement de Ravel, une fraction de seconde de saturation (un pic) due à la négligence de l'ingénieur du son, a mis au rebut cette sonate.
A savoir que je n'avais réalisé que deux prises de ce mouvement puisqu'il en faut toujours une qualifiée de « sécurité »... La fixité des niveaux de cette captation avait donc scellé à mal cette future divulgation. Deux sonates ne constituant pas la durée dite normale d'un CD, sa sortie était donc condamnée.
J'attire votre attention à tenter d'entendre ce fameux pic.
Sonate de Debussy M. Tholance J-M Bonn
Concernant la sonate de Franck absente de cette page.
Je n'arrive pas à dépasser le désaccord que je ressens depuis plus de deux décennies lorsque je dois valider ce que j'avais réalisé dans le premier mouvement. La base de mes options musicales manque de concordances. Quelques années après, l'opportunité de l'enregistrer de nouveau (associée à la 3ème de Grieg) s'est soldée in fine par une nouvelle déconvenue. Celle-ci découlant d'une prise de son laborieuse.
Sonate de Ravel M. Tholance J-M Bonn
Solo tiré d'un ballet très rarement joué en France « Le Chevalier et la damoiselle », écrit en 1941 par le compositeur Philippe Gaubert (qui fut aussi flutiste et chef d'orchestre).
J’ai à cœur de le divulguer ici pour les nouvelles générations.
Autour de 1993 il fallut réaliser une bande de travail et j'étais donc programmé à la tâche.
Pour la petite histoire...
Alors que je sortais d'une répétition à 13h, je croisais le chef d'orchestre David Coleman qui, après nos diverses politesses, me dit ;
« C'est vous cet après-midi? »
« Oui Maestro »
« Vous savez qu'il y a un solo un peu délicat »
« Non Maestro mais... merci, je vais regarder ».
Connaissant son expérience en la matière, je n'ai pas trop traîné en déjeunant...
En un quart d'heure il fallut opter pour un style, définir très vite des types de doigtés afin de donner une parole convaincante à mon inconnu, puis y aller.
Comme il est de tradition à l’Opéra, le temps est toujours très compté lors de ce type de mission. C’est donc une prise unique qui fera l’affaire.
Une des facettes de ce poste...
(écoute en accord avec l'ONP)
Solo du Chevalier & Damoiselle M. Tholance
Piotr I. Tchaïkovski.
Lien vers une des versions live du grand solo de « La Belle au bois dormant ».
Je valide cette première de 1999, comparée à celle réalisée en 2001, faite de petits écarts dus à un tempo imposé plus lent, dès lors contrariant...
Alexandre Glazounov, « Grand Adagio et Waltz ». Deux solos du ballet « Raymonda », mais aussi traditionnellement joués et enregistrés avec piano par des interprètes Russes à partir des années 50.
Ici, lors d’une représentation, semble t-il autour de 2005, période où mon violon était réfractaire... Il se faisait un plaisir à saturer.
(écoute en accord avec l'ONP)
Solo Raymonda "Grand Adagio" M. Tholance
Solo Raymonda "Waltz" M. Tholance
Igor Stravinski, concerto pour violon que j'ai été amené à jouer de très nombreuses fois dans le cadre des productions « Ballet Balanchine », et ce, jusqu'à cinq soirées en une semaine, même accompagné d'une bonne grippe avec plus de 39° de fièvre.
Le poste de violon solo à l’Opéra est très formateur puisqu'il laisse peu le choix...
Pour les non-initiés, il est à dire que ce concerto n’a jamais eu vocation à être marié à un ballet. En pareil cas, pas d’autre choix que de se plier aux exigences d’une chorégraphie. Pour les initiés, le tempo du premier mouvement passe encore. Le second, un peu moins. Le troisième réclamait alors une forme d’abnégation mais surtout un archet qu’il aurait fallu plus long. Le quatrième? un retour vers les origines. Réalisé en 2004
(écoute en accord avec l'ONP)
Concerto de violon I. Stravinski M. Tholance
Concerto de Samuel Barber, joué en 2008 dans le cadre de la venue du New-York City Ballet au sein de l'Opéra de Paris. Je rends hommage à Gérard Mortier, alors directeur, qui batailla plusieurs semaines avec force contre le NYCB qui voulait imposer la venue de son violoniste.
Le jour J, lors de la répétition, l'accueil inexistant tint plus du mépris que de la froideur. Qu'à cela ne tienne. Après un filage, c'est le temps de la générale publique. Cette présente captation a été faite sans balance préalable de la prise son. L'écoute du violon devient un peu plus audible au fil du temps mais reste écrasé ça et là... Pour diverses raisons techniques, nous avons été dans l'obligation de rompre le déroulé de certains tuttis de l'orchestre. Nous en sommes désolés.
(écoute en accord avec l'ONP)
Concerto S. Barber M. Tholance
« Estrellita », pièce de Manuel Ponce, fut jouée en 2008 de bon matin pour un essai de prise de son effectuée par un amateur passionné par la plus fidèle restitution du son des instruments. Il ne s'est jamais vu en ingénieur du son, avouant par la même son incapacité à toute forme de post-production. Etant personnellement aux antipodes du multi montage, qui plus est, des mascarades numériques, j'ai doublement apprécié de faire cette démarche.
Son credo technique était de faire fabriquer du matériel selon ses propres exigences (micros indépendants-amplis à lampes, câbles courts blindés au carbone etc.) et ce, sans limite de coût, puis d'utiliser une magnifique pièce monumentale de sa maison pour les captations. J’ai accepté de me livrer à l’expérience de la très grande proximité des micros (moins de 40cm) qui représente une contrainte physique et technique pour le moins exigeante, mais elle livre à l’auditeur une écoute de l’instrument quasi similaire à celle de l’exécutant.
M. Ponce "Estrellita" M. Tholance J-M Bonn
Bohuslav Martinu, Duo 1 violon violoncelle « Préludium et Rondo » dans la version écourtée de Jascha Heifetz. Peu m'importe l'avis des musicologues de tous poils. Après l'avoir joué plusieurs fois en concert puis maintenant enregistré en 2024, je considère toujours que l'option prise avec Gregor Piatigorsky de retirer au Rondo cette grande étendue parcourue par ce cavalier seul du violoncelle, s’apparentant à une cadence concertante, soudain rapproché par un violon aux tendances tziganes, m’évoque une forme de divagation destructrice du passé de ce mouvement. Même si cette caractéristique de rupture du langage est une option d'écriture qui, évidemment, ne se discute pas, c'est surtout le manque d'équilibre narratif de ce Rondo qui ne m'inspire pas, et m'écarte donc de réaliser l'intégralité originelle de ce mouvement. Au violoncelle, Frédéric Lagarde. Il ne pouvait pas en être autrement.
B. Martinu Duo 1 M. Tholance F. Lagarde
Ernst Von Dohnanyi, trio à corde op 10 « Serenade ».
Comme la précédente pièce, nous avons enregistré cet agréable trio en avril 2024 dans la mythique salle du TPR de la Chaux-de-Fonds en Suisse. Quelle merveille d'acoustique.
Deux micros vers la musique, deux vers la salle, et il n'y a rien à ajouter. Certes, il faut derrière une console un ingénieur du son de talent. Jean-Martial Golaz est de ceux-là.
Je ne me voyais pas faire autrement témoignage à cet homme de valeur qu'en lui dédiant une page dans le menu « Liens ».
Marion Duchesne est à l'alto, soliste à l'Opéra National de Paris. Un grand plaisir de l’avoir à nos côtés. Je vous donne d'ailleurs rendez-vous vers septembre 2026 après l'enregistrement en duo des « Trois Madrigaux » de Bohuslav Martinu. Au violoncelle Frédéric Lagarde.
E. V. Dohnanyi Trio Tholance Duchesne Lagarde
Reingold Glière. « Huit morceaux » op 39, mais ici seulement trois à l'écoute. « Prélude, Intermezzo, Berceuse ». Toujours enregistré en avril 2024 à la Chaux-de-Fonds alors qu'il nous restait un peu de temps...
Au violoncelle Frédéric Lagarde.
R. Glière 3 Duos - Op39 M. Tholance F. Lagarde
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